Exceller dans l’art de monter une demande de permis de travail depuis la réforme : cherchez-vous un joaillier !

1

30 juin 2014 par selincanada

Image   Monter un permis de travail devient une profession de joaillier, sertisseur…

Depuis que les 2 Ministres, les Honorables Jason Kenney et Chris Alexander du gouvernement fédéral ont annoncé le 20 juin dernier les couleurs et la mise en place progressive de la réforme du Programme des travailleurs qualifiés, mon téléphone ne dérougit pas ! La raison ? Le début de la mise en place de la Réforme Globale du Programme des Travailleurs étrangers temporaires ! Pourtant, pour le moment, cette réforme ne s’applique pas au Québec et les employeurs québécois, incluant les restaurateurs dont le moratoire a également été levé, sont extrêmement inquiets par ce qu’ils entendent dans les medias…

Le même jour, le site du Ministère de Monsieur Kenney change et revêt ses nouvelles couleurs sur la section des Travailleurs étrangers temporaires, un document de présentation générale de la réforme (WP-191-06014F) est émis. La personne qui a du l’écrire a du être inspiré des Séries des matchs de Hockey car le titre est… Les CANADIENS D’ABORD (!). Certes, les Canadiens mais aussi les résidents permanents et avec les changements sur la Loi de la citoyenneté (C-24), nous pouvons nous poser des questions sur ce titre quelque peu extrémiste…

Pour revenir au document de présentation, la table des matières annonce clairement les changements majeurs ; le contenu et la forme de rédaction jouent la carte de la Grande Séduction auprès du Citoyen électeur Canadien sur son marché de l’Emploi !

Un premier chapitre explique la politique du programme par l’amélioration de la clarté, la transparence et la reddition de comptes dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Conscient que la confusion va être au rendez-vous du commun des mortels, le Ministère veut réduire ces confusions et mettre davantage en évidence les principales différences entre les divers volets. Et des volets, il y en a, question de mettre des niveaux difficultés à différentes étapes, un peu comme un jeu vidéo où il faut atteindre le niveau au-dessus, en passant à travers les pièges et difficultés… Si ca peut inspirer quelques créateurs de jeux avec M. Kenney comme personnage clé, on ne sait jamais !

Notons tout d’abord que le terme AMT, soit l’Avis relatif sur le Marché du Travail, est changé pour EIMT, soit Étude d’Impact sur le Marché du Travail. Faites attention au vocabulaire, faudra que je m’y habitue également…

Ensuite le Programme est scindé en deux… Les permis de travail dont un EIMT est nécessaire et ceux dont ils en seront dispensés. Cela a toujours existé mais la volonté du gouvernement est de ne pas dissocier ces 2 programmes de leur but ultime… le permis de travail ! Par conséquent, cette deuxième partie devient le Programme de mobilité internationale et reste toujours sous l’égide de CIC (Citoyenneté et Immigration Canada).

Le fondement de la réforme s’axe principalement sur la notion de rémunération plutôt qu’aux codes de la Classification nationale des professions (CNP). Par conséquent, des barèmes par Province sont appliqués, avec un salaire moyen de référence. Si le salaire proposé est au-dessus de cette barre, la demande d’EIMT sera traitée, disons de façon régulière… Par contre, si le salaire est offert en dessous du salaire indiqué, et même si votre poste est dans une catégorie spécialisée (o, A ou B), les complications vont commencer et pas des moindres… Une limitation du nombre de travailleurs étrangers temporaires à rémunération peu élevée est évaluée, les dossiers sont refusés dans les régions où le chômage est élevé, des restrictions pour certains postes spécifiques dans la restauration et l’hôtellerie, la réduction de la durée de validité des permis de travail avec EIMT… Le FW1 va en voir de toutes les couleurs ! Et si vous ne savez pas ce qu’est le FW1, c’est la «bible» d’interprétation de la Loi et règlement de l’immigration canadienne en matière de Travailleurs étrangers temporaires !

A ceux-là, s’ajoutent, pour tout poste que ce soit à rémunération élevée ou peu, des formulaires fleuves d’une douzaine de pages avec des annexes aussi longs dont un plan de transition pour les postes de salaire élevé qui est, ma foi, le chemin de croix de l’Employeur et bien entendu…. les frais qui jaillissent de tout côté dont les 1000$ au lieu des 275$ pour les frais de traitement de la demande d’EIMT !

Les activités agricoles primaires et le programme des Aides familiaux résidants ne sont pas touchés (pour le moment !) par la réforme, si ce ne sont les 1.000$ de frais de traitement, qui font, ceci dit, très très mal notamment dans le milieu agricole… Le Ministère après la mise en place de son Service Intégrité dont les grandes lignes avaient été annoncées le 24 avril dernier, explique clairement le renforcement des mesures coercitives et l’alourdissement des peines pour tout employeur qui enfreindra les règles : nombre accru d’enquêtes criminelles (oui… criminelles !), détection accrue des fraudes, élargissement de leur portée, liste noire, amende (et pas des moindres !) et tout ceci pour la protection du Canadien et des travailleurs étrangers temporaires. Il y a quelque chose que je ne comprends pas… du moins, ca doit être pour ceux qui seront encore travailleurs étrangers temporaires ! En tous les cas, le mot à retenir est : CONTRÔLE ACCRU !!! Imaginez une route avec des virages plus prononcés et où on vous met des radars à chaque courbe… Voici la réforme !

Quant au fameux Programme de mobilité internationale, soient les permis de travail sur dispense d’EIMT, des nouveaux frais vont arriver pour le traitement de la demande auprès de CIC. Pour le moment, les informations sont confuses ; nous en reparlerons lorsque les éléments se mettront en place… Un échéancier de tous les changements est également annoncé. Il faut comprendre que même les procédures en interne dans les ministères se mettent en place… et que l’agent qui va traiter votre dossier se formera sur… votre dossier ! Alors patience !!!

Lorsqu’au début de mon article, je vous disais que mon téléphone virait au rouge ces jours-ci, la raison est simplement qu’au Québec où les grandes lignes de la réforme ne s’appliquent pas pour le moment, a créé un véritable vent de panique auprès des employeurs. Même les entreprises qui me consultaient pour des petites questions et géraient toute la paperasse administrative en interne, voient arriver un tsunami dans leur organisation récurrente et cherchent support et conseils… Tout va bien aller ! Prenons notre temps et travaillons de concert pour affiner les nouvelles procédures qui se mettront en place dans les prochains mois.

Comparé aux entreprises ontariennes avec qui nous travaillons régulièrement qui pataugent et sont totalement embourbées ces jours-ci dans le plan de transition, j’espère qu’au Québec, nous allons avoir le temps de bien harmoniser les procédures et surtout le temps de les assimiler dans le processus, autant de notre côté que du côté des agents qui vont traiter les demandes. Croyez moi, ce n’est pas une mince affaire qui vous attend, vous, Employeurs !

Selon l’Accord Canada-Québec de 1991, le consentement du Québec est requis avant l’admission dans la Province de tout travailleur étranger temporaire dont l’admission est régie par les exigences du Canada touchant la disponibilité des travailleurs. Il est sans dire que le gouvernement du Québec, avec ses équipes dédiées aux politiques des programmes et Travailleurs temporaires au sein du Ministère de l’Immigration, de la diversité et de l’inclusion, passent un Été très très chaud pour mettre en oeuvre ces réformes au Québec. Il faut également prendre en considération que ce travail de Titan se fait conjointement avec le Ministère de l’Emploi et du Développement social de Monsieur Kenney mais aussi avec son équivalent au Québec ; bref, tout une coordination pour le meilleur intérêt de la société québécoise et … des employeurs québécois ! Petite précision… le Québec n’aura pas à modifier quoique ce soit dans le cadre du Programme de mobilité internationale qui reste sous la tutelle unique de CIC…

Quant à moi, qui d’habitude me sens comme un poisson dans l’eau pour définir stratégiquement n’importe quel type de permis de travail, je me sens dans mon for intérieur, prendre une âme de joaillière ! Oui, j’ai l’impression qu’un permis de travail va devenir d’ici peu, du Luxe ; un luxe que seuls certains Employeurs pourront se payer pour une raison X, Y, Z… Bien que chaque AMT/CAQ, permis de travail emporté à la sueur du contenu de mon front faisait que chaque cas était mitonné aux petits oignons, dorénavant, ce sont des bijoux uniques, des bagues serties de diamants brillants de toute flamme qui je devrais élaborer… Non seulement, avec mon équipe, nous continuerons à soutenir les entreprises à mettre en place les nouvelles règles mais surtout notre quantité de travail sera augmentée par la complexité d’analyse et de conseils sur les différents profils et postes pour permettre aux Employeurs de passer les niveaux de leur « nouveau jeu vidéo» !

Juste en analysant la présentation de la réforme et au vu de l’enchevêtrement des informations qui doivent de plus rester cohérents, véridiques et vérifiables à tout moment, je lance mon chapeau au Gouvernement d’avoir réussi avec cette réforme à rendre plus compliqué le recrutement d’un travailleur étranger temporaire, obligeant les Employeurs à penser deux fois qu’une de recruter une personne citoyenne ou Résidente Permanente (j’insiste),  sans emploi qu’il formera de son mieux à ses besoins… Cela va réduire considérablement les demandes dans un premier temps ! Rien que les 1.000$ demandés refroidissent plus d’un… Je suis loin d’être certaine que ce soit la solution idéale. En attendant, seuls les employeurs vraiment motivés et dans le besoin réel du travailleur étranger desserreront les liens de la bourse pour que nous puissions leur offrir un travail de … joaillier ! Employeurs, gardez le moral. Assurez-vous juste de travailler avec des professionnels qui sauront vous encadrer dans ces démarches, sauront répondre à vos questions mais aussi aux questions des agents, sans mettre en danger votre entreprise par des réponses incohérentes ; notre travail n’est pas de remplir des formulaires mais d’être hautement stratégique. Juste, ne perdez pas de vue que toute nouvelle demande sera faite dans un perspectif de recrutement ultérieur ; inutile par conséquent, de vous mettre les bâtons dans les roues, question… d’économiser !

A bon entendeur, ma joaillerie est ouverte et mon équipe de sertisseurs prête à s’occuper de vos pierres précieuses ! Au plaisir de vous retrouver très bientôt…

 

Selin Deravedisyan-Adam, CRIC

 

 

Une réflexion sur “Exceller dans l’art de monter une demande de permis de travail depuis la réforme : cherchez-vous un joaillier !

  1. kosyblondie dit :

    A reblogué ceci sur Kosy CanadAdventureet a ajouté:
    La nouvelle réforme des visas ne va pas faciliter notre installation au Canada, mais on s’accroche et on y croit plus que jamais à 70 jours du départ !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :